Les MOOC en 2016 : 4 tendances

Il y a quelques temps, 360Learning a eu la chance d’être invité à Futur en Seine aux côtés de Catherine Mongenet, chargée de mission FUN au Ministère de l’ESR. L’occasion de faire le point sur les MOOC, leur utilisation et la demande toujours plus importante du côté des entreprises et des ONG. Retour sur la conclusion de cette table ronde et sur 4 grandes tendances des MOOC pour les mois (années ?) à venir.


Le Social intégré

Fini les forums dissociés du savoir transmis. Rappelez-vous, les premiers MOOC (et encore nombre d’entres eux aujourd’hui) ne proposaient aux participants de discuter que dans une section (un onglet) dédiée à cela, mais complètement séparée des contenus de formation. Si vous arriviez un peu en retard, malheur à vous : votre publication se retrouvait noyée dans les bas fonds des « Social Q&A forums ». Certainement l’un des plus gros points faibles des MOOC.

En plus des wikis ou des logiques d’apprentissage/correction par les pairs, les plateformes de MOOC proposent désormais des forums contextuels disponibles sur chaque grain de connaissance. « Contextuel » ? C’est à dire différents pour chaque question ou document. Le MOOC résonne désormais comme un réseau social. Chaque publication contextuelle permet aux participants d’enrichir la formation par un document complémentaire ou un REX. Une question ou un besoin d’information complémentaire sont désormais reliés directement à un point du cours permettant d’améliorer en continue la formation.

Toutes les contributions donnent vie à la formation dans un flux d’actualités à la Facebook/Linkedin où les participants peuvent venir, en quelques coups de scroll, découvrir les dernières actualités du MOOC et interagir dans la communauté apprenante.

Le forum n’est qu’un onglet, encore aujourd’hui…

Valoriser les données

Avec leur côté « massif », les MOOC disposent d’un maximum de données sur le suivi des contenus de formation. Mais force est de constater que leur utilisation n’a jamais été au rendez-vous, si ce n’est sous l’angle communicationnel. (On entend souvent parler dans la presse de « milliers » d’inscrits qui viennent souligner le succès d’un MOOC ou, au contraire, de pourcentages de complétion au raz des pâquerettes qui en montrent les limites). Il y a pourtant des dizaines (centaines ?) de types de données à récupérer dans un MOOC qui peuvent provenir des échanges sociaux, de la durée ou l’intensité de consommation des savoirs, de leur historique et leurs thématiques, de benchmark global, de SIRH en entreprise ou encore de la géolocalisation. Autant de données qui pourraient être directement réinjectables dans la pédagogie.

S’il y a bien une tendance que les MOOC ont intensifiée/révélée, c’est celle de l’Adaptive Learning (même si ça n’est pas nouveau !). Ces millions de données générées de tout bord permettent aujourd’hui d’automatiser tout en personnalisant l’apprentissage : envoyer ou recommander la bonne formation, à la bonne personne, au meilleur moment, sur le canal idéal. Tout cela, sans action humaine. Par la seule puissance d’un algorithme. Les startups positionnées sur ce domaine se multiplient et les logiciels de formation digitale intègrent désormais le Big Data comme l’une de leurs priorités malgré les récents rapports moins glorieux sur le sujet. Attendez-vous à en entendre parler encore et toujours plus.

La mobilité

Ca n’était pourtant pas gagné. Si le smartphone est arrivé depuis plusieurs années déjà, l’apprentissage sur mobile a peiné à se développer et à trouver ses propres codes. Les premières applications ressemblaient bien plus à une simple arborescence de dépôt de fichiers, sans expérience utilisateur recherchée. Chez les plateformes de MOOC, les applications mobiles iOS et Android se révélaient très buggy. C’est finalement sous l’impulsion d’acteurs comme Duolinguo que les applications se sont complexifiées et rapprochées des usages et possibilités offertes par le mobile : des technos comme le GPS, le giroscope, ou des gestes comme le « swipe ». A ce sujet, on a sorti une super publication dernièrement.

Les meilleurs cours du monde s’invitent désormais dans votre poche. Les grands acteurs des MOOC se mettent doucement au mobile. Vous trouverez de tout, mais la dynamique est là. Certaines fonctionnent même en mode hors-ligne : c’est à dire que vous pouvez synchroniser les contenus sur votre appareil et les consulter même dans le métro. Dans l’entreprise, les meilleurs acteurs proposent des apps capables de pousser des formations en fonction de l’emploi du temps ou de la géolocalisation du collaborateur. Vous avez un rendez-vous chez un laboratoire dans une heure ? Vous êtes au restaurant ? Révisez donc cette petite formation sur les meilleurs arguments pour vendre à un labo.

Se recentrer sur le service

Les MOOC correspondent bien aux personnes auto-disciplinées car, du fait de leur côté massif, ils n’accordent quasiment aucun suivi individuel aux participants. Il faut donc être capable de se motiver pendant 3 à 4 semaines au minimum pour travailler 1 à 2 heures par semaine, en plus de toutes nos autres activités quotidiennes. Pas toujours évident… C’est souvent ce qui explique les taux d’abandon très élevés.

Dans le giron des MOOC ont donc commencé à apparaitre les SPOC, pour Small Private Online Course. Les modalités pédagogiques ressemblent beaucoup à celles des MOOC, à ceci près que le public est restreint (40 à 80 personnes en moy.) et que le mentoring ou coaching des participants est omniprésent. Ce « format pédagogique » se développe toujours plus, notamment du côté des entreprises qui souhaitent offrir à leurs salariés une expérience d’apprentissage plus sophistiquée et proche de leurs enjeux/besoins.

Article initialement publié sur Linkedin.

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